Constantin, au cœur de l’accompagnement des jeunes
- Collectif autonome
- 1 mai
- 5 min de lecture
Dans le cadre de notre nouvelle série « Mise en lumière », le Collectif autonome des CJE du Québec met en valeur les parcours, les réalités et l'impact du travail de ses membres auprès des jeunes.
Aujourd’hui, nous mettons en lumière Constantin, intervenant de milieu à l’École de milieu Voltige, au Groupe Conseil Saint-Denis – CJE Rosemont/Petite-Patrie.

Constantin, intervenant de milieu à l’École de milieu Voltige (Groupe Conseil Saint-Denis – CJE Rosemont/Petite-Patrie)
Un parcours qui mène à l’accompagnement
Constantin ne se destinait pas à travailler dans le milieu communautaire. Originaire de France, il a d’abord étudié l’histoire avec l’objectif de devenir enseignant. C’est en travaillant auprès de jeunes en situation de décrochage scolaire qu’il découvre une autre façon d’être en relation avec eux. Une expérience qui change la suite de son parcours.
Arrivé au Québec il y a sept ans, il poursuit dans cette voie. Aujourd’hui, il travaille au CJE de Rosemont comme intervenant de milieu à l’École Voltige, où il accompagne des jeunes depuis plus de trois ans.
L’École de milieu VoltigeL’École de milieu Voltige, portée par le Groupe Conseil Saint-Denis – CJE Rosemont/Petite-Patrie, s’adresse à des jeunes adultes de 18 à 35 ans qui souhaitent reprendre leurs études secondaires dans un cadre plus flexible. Elle fait partie des milieux adaptés de scolarisation, pensés pour des jeunes qui ne trouvent pas leur place dans le système scolaire traditionnel. Ces milieux offrent une approche plus humaine, centrée sur la réalité de chacun. Ils sont regroupés au sein de l’Alliance des milieux adaptés de scolarisation du Québec (AMASQ, qui travaille à faire reconnaître et développer ce modèle partout au Québec. |
Un rôle au cœur du quotidien des jeunes
Dans son rôle, Constantin accompagne les jeunes à travers des rencontres individuelles.
« Mon rôle, c’est d’accompagner les jeunes. Ça passe par beaucoup d’écoute et de bien comprendre leurs facteurs de réalités »
Il les suit dans leur parcours : il évalue leurs besoins, ajuste son accompagnement et les oriente vers des ressources adaptées. Il anime aussi des ateliers de groupe sur le développement émotionnel, la connaissance de soi et la préparation au marché du travail.
Les jeunes qu'il rencontre viennent de tous horizons, avec des réalités très diverses. Mais son approche repose sur une idée simple :
« Je ne travaille pas avec une étiquette, mais avec une personne. »
Chaque jeune est donc considéré dans sa globalité, au-delà des étiquettes, avec ses défis, mais aussi ses forces. C’est en comprenant l’ensemble de la situation que Constantin adapte son accompagnement.
Des parcours marqués par des réalités complexes

Selon Constantin, les jeunes accompagnés à l’École Voltige ont souvent vécu plusieurs périodes de décrochage… et de raccrochage. La plupart n'ont pas trouvé leur place à l'école régulière, puis ils ont tenté l'école aux adultes, sans que cela fonctionne non plus.
Pourquoi ? Dans son accompagnement, il observe que beaucoup vivent des situations qui dépassent largement le cadre scolaire, que ce soit à l’école régulière ou aux adultes : anxiété importante, difficultés familiales, isolement, manque de confiance, parfois des enjeux de consommation ou de précarité.
Ces réalités entraînent des ruptures multiples : scolaires, sociales et parfois professionnelles. Constantin constate aussi une perte de confiance envers le système. Tout cela s’autoalimente et rend le quotidien plus complexe.
Certains jeunes vivent aussi avec des diagnostics comme l’anxiété généralisée, le TDA ou la dyslexie, ce qui demande davantage de soutien et d’encadrement.
Dans ce contexte, le retour à l’école devient plus difficile. Il ne s’agit pas seulement de reprendre les études, mais de retrouver un certain équilibre. Comme le résume Constantin, ces jeunes ont surtout besoin d’un petit coup de pouce pour retrouver leur place.
Un accompagnement qui peut faire une différence

Parmi les jeunes qu’il accompagne, certains parcours marquent particulièrement. Comme dans le cas de Marc*, un jeune adulte qui, à son arrivée, présentait une anxiété important ainsi qu’une difficulté marquée à établir la confiance.
Son parcours était marqué par plusieurs défis personnels : des responsabilités importantes à la maison, un vécu émotionnel lourd et des événements marquants qui avaient laissé des traces.
Le lien ne s’est pas créé immédiatement, mais au fil des rencontres, Marc a peu à peu commencé à s’ouvrir. C’est dans ce contexte que Constantin l’a accompagné dans une salle d’expression émotionnelle, au sein d’un organisme communautaire, où les jeunes peuvent relâcher la pression, notamment à travers des activités physiques.
Marc a pu y laisser sortir ce qu’il gardait en lui depuis longtemps et a ressenti, après cette séance, un apaisement qu’il n’avait pas connu depuis plusieurs années. À partir de ce moment, il a progressivement commencé à développer des outils pour mieux gérer ses émotions.
Ce type d’accompagnement ne règle pas tout, mais il peut permettre d’amorcer un changement réel, à son rythme.
*Certains éléments ont été modifiés afin de préserver l’anonymat.
Un travail qui se fait en collaboration
Le travail ne se fait jamais seul. Constantin collabore avec plusieurs partenaires pour offrir un soutien complémentaire aux jeunes, comme Aire ouverte, le CAVAC ou encore l’équipe relais, qui intervient en classe sur des enjeux liés à la santé mentale.
Comme le souligne Constantin, « C’est important de ne pas travailler en silo. »
Ces collaborations permettent d’aller plus loin dans l’accompagnement, notamment en santé mentale ou dans des situations plus complexes.
Ce que Constantin aimerait voir évoluer
Sur le terrain, les besoins sont importants. Les listes d’attente s’allongent et les ressources restent limitées.
Cette réalité se reflète aussi dans l’accès aux milieux adaptés. Sur l’île de Montréal, seulement trois écoles de milieu existent. Constantin constate un enjeu plus large : plusieurs jeunes ne trouvent pas leur place dans le système scolaire traditionnel et ont besoin d’alternatives adaptées.
Avoir des intervenant·e·s aux profils variés permettrait d’offrir un accompagnement plus adapté et de mieux répondre à certaines réalités. Par exemple, dans certains cas, le fait d’avoir qu’un intervenant masculin peut faire en sorte que certaines jeunes femmes se sentent moins à l’aise de se confier. C’est dans cette perspective que des démarches sont en cours afin d’accueillir une intervenante au sein de l’équipe et ainsi continuer à enrichir l’accompagnement offert.
Mot de la direction — Lorraine MarleauConstantin est un intervenant engagé, qui place toujours les jeunes au cœur de ses actions et de ses réflexions. Il cherche constamment à se développer afin de les accompagner du mieux possible. Il a également développé une belle complicité avec Patrick, enseignant au CREP. Ensemble, ils forment une véritable équipe, centrée sur le bien-être des élèves. Constantin ne se présente pas comme un sauveur. Il connaît ses limites et sait quand et comment référer les élèves. Cette capacité n’est pas donnée à tout le monde. Son implication dans les projets du Groupe Conseil Saint-Denis représente un réel atout pour l’équipe. — Lorraine Marleau, directrice générale du Groupe Conseil Saint-Denis – CJE Rosemont/Petite-Patrie |


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